« Tu as regardé tes devoirs ? »
« Relis la consigne. »
« Commence peut-être par ça… »
Vous vouliez simplement lui donner un petit coup de main et, quelques minutes plus tard, vous voilà à chercher le bon cahier, relire la consigne et réfléchir à la prochaine étape.
Bref, vous êtes devenu son deuxième cerveau.
Bien sûr, l’idée n’est pas de laisser son enfant se débrouiller seul. Mais entre faire à sa place et tout lui laisser gérer, il existe une troisième voie : l’aider à apprendre comment s’y prendre.
Pour aider son enfant à faire ses devoirs sans faire à sa place, mieux vaut le guider par des questions plutôt que lui donner immédiatement la réponse. L’objectif est de l’aider à comprendre ce qu’on lui demande, chercher une stratégie, organiser son travail et savoir par quoi commencer afin qu’il puisse progressivement travailler de façon plus autonome.
Pendant les devoirs, aider son enfant… ça veut dire quoi ?
Aider, ce n’est pas forcément expliquer ou donner la réponse. Cela peut aussi être l’aider à trouver la prochaine étape par lui-même.
Car lorsqu’un enfant nous dit : « Je comprends rien ! » notre premier réflexe est souvent de prendre le cahier et de lui expliquer ce qu’il doit faire. Et si, avant cela, on lui rendait la réflexion ?
Avant de donner la réponse, l’aider à chercher
Quelques questions très simples peuvent suffire :
« Qu’est-ce que tu as compris de la consigne ? »
« Par quoi pourrais-tu commencer ? »
« Qu’est-ce que tu sais déjà ? »
« Où pourrais-tu chercher ce qui te manque ? »
Il répondra parfois : « Je sais pas ! » Pas besoin pour autant de le laisser bloqué devant son cahier. On peut l’inviter à relire, à reformuler avec ses propres mots, à chercher dans sa leçon… puis intervenir réellement s’il en a besoin.
L’objectif n’est pas de moins aider. Il est d’aider autrement.
Et avant de donner une réponse, une petite question peut nous servir de repère : « Est-ce que je suis en train de lui donner la réponse… ou de l’aider à la trouver ? »
Faire avec lui aujourd’hui… pour qu’il puisse faire seul demain
Accompagner son enfant vers l’autonomie ne signifie pas disparaître du jour au lendemain de ses devoirs.
Selon son âge, ses difficultés ou simplement la période qu’il traverse, il peut avoir besoin de nous. Et c’est normal.
Mais notre façon de l’aider peut évoluer : Je te montre → Nous faisons ensemble → Tu essaies → Je reste disponible → Tu fais seul. Ce passage ne se fera pas à la même vitesse pour tout.
Votre enfant peut très bien apprendre seul une poésie mais avoir encore besoin d’aide pour comprendre comment réviser une évaluation. Il peut savoir faire ses exercices mais avoir du mal à décider par quoi commencer.
L’objectif n’est donc pas qu’il fasse tout seul le plus rapidement possible. C’est qu’il puisse progressivement se dire : « Je sais comment m’y prendre. »
Cette autonomie devient particulièrement importante au collège, lorsque les matières, les enseignants et le travail à anticiper se multiplient.
J’en parle plus précisément dans mon article « Entrée en 6ème : l’autonomie ne commence pas le jour de la rentrée ».
Apprendre à planifier : ne plus regarder seulement les devoirs de demain
Faire ses devoirs en autonomie, ce n’est pas seulement savoir réaliser un exercice sans l’aide de ses parents.
C’est aussi apprendre à regarder ce qui arrive et organiser son travail dans le temps.
Une évaluation vendredi, une leçon à apprendre, un exercice pour mardi, un exposé à préparer… Savoir répartir tout cela sur plusieurs jours est loin d’être évident pour un enfant ou un jeune collégien. Et là encore, nous pouvons être tentés de planifier pour lui :
« Apprends ta leçon ce soir, comme ça demain tu feras les maths. » Le travail sera probablement fait.
Mais qui a organisé ?
Pour l’aider à construire cette compétence, on peut plutôt regarder la semaine avec lui et le questionner :
« Qu’est-ce que tu as à faire cette semaine ? »
« Qu’est-ce qui va te demander le plus de temps ? »
« Qu’est-ce que tu pourrais commencer aujourd’hui ? »
« Comment pourrais-tu répartir tes révisions ? »
Au début, votre enfant aura peut-être besoin que vous construisiez ce planning ensemble. Puis, progressivement, vous pourrez le laisser faire ses choix et simplement vérifier avec lui s’ils sont réalistes. Parce que planifier, ce n’est pas remplir un joli emploi du temps.
C’est apprendre à anticiper, à faire des choix, à définir des priorités et parfois… à réajuster lorsque tout ne se passe pas comme prévu. Et ça aussi, ça s’apprend.
Quand les devoirs deviennent un combat chaque soir
Et puis il y a les soirs où les devoirs ne ressemblent plus du tout à ce petit temps d’accompagnement que l’on imaginait.
Votre enfant ne sait pas par quoi commencer. Il se déconcentre. Les devoirs s’éternisent. Vous répétez. Il s’agace. Vous aussi.
Dans ce cas, chercher encore une nouvelle « astuce devoirs » n’est pas toujours la réponse.
Une autre question peut être beaucoup plus intéressante : « Qu’est-ce qui empêche mon enfant de savoir comment s’y prendre seul ? »
Car derrière un enfant qui semble avoir besoin de nous en permanence pendant ses devoirs peuvent se cacher des difficultés très différentes.
Comprendre une consigne. Se mettre au travail. S’organiser. Planifier ce qu’il doit faire. Gérer son temps. Rester concentré. Mémoriser une leçon. Savoir comment réviser… Et c’est là que l’on quitte parfois la simple question des devoirs pour aller chercher ce qui bloque réellement.
C’est notamment ce que je travaille en coaching scolaire : comprendre ce qui freine l’autonomie du jeune, puis lui transmettre des méthodes concrètes pour s’organiser, planifier son travail, mémoriser, se concentrer ou apprendre plus efficacement.
L’objectif n’est pas que je devienne, moi non plus, son deuxième cerveau.
Mais qu’il découvre progressivement comment utiliser le sien, avec des méthodes qui lui correspondent et qu’il pourra réutiliser seul.
Aider aujourd’hui pour être moins indispensable demain
Finalement, accompagner son enfant pendant ses devoirs ne signifie ni tout faire avec lui, ni fermer la porte en lui disant de se débrouiller.
Nous pouvons expliquer quand c’est nécessaire. Montrer une première fois. Poser une question. Aider à planifier. Encourager. Être disponibles lorsqu’il bloque vraiment.
Puis, progressivement, laisser davantage de place à ses propres réflexions, ses choix et ses essais.
Pas pour le laisser seul.
Mais parce que le véritable objectif n’est peut-être pas seulement que l’exercice soit terminé ce soir.
C’est aussi qu’un jour, face à une semaine chargée, un exercice, une leçon ou une difficulté, notre enfant puisse se dire :
« Je ne sais pas encore… mais je sais comment chercher et comment m’organiser. »
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